Réponse des oiseaux à la fragmentation et à l'apparition de lisières

Les plantations en pin noir sur les Causses offrent l'opportunité de tester la réponse des oiseaux à la fragmentation et à l'apparition des lisières forestières. Nous avons réalisé des lignes transect positionnées perpendiculairement à la lisière, où nous avons dénombré les oiseaux jusqu'à une distance de 300 m de la lisière et sur une bande de 75 m de part et d'autre de ce transect. Les résultats présentés ci-dessous montrent que certaines espèces évitent les lisières (traquet motteux) alors que d'autres s'en accommodent (bruant jaune) ou les recherchent (pitpit des arbres).

Ces résultats nous permettent de mieux comprendre les processus fins qui expliquent l'importance des lisières sur la répartition des différentes espèces d'oiseaux.

Ils ont permis d'identifier dans des travaux de recherche les patrons de réponses suivants :

  • Les espèces spécialistes des milieux ouverts :
    Ces espèces nichent et se reproduisent exclusivement dans les milieux ouverts et ne peuvent exploiter les ressources forestières.
    C'est le cas du traquet motteux, de l'œdicnème criard, et de l'alouette des champs. Ces espèces évitent la proximité de la lisière et ne sont présentes que dans les plus grands fragments (supérieur à 25 ha), avec des abondances faibles.





  • Certaines espèces comme le bruant jaune ou la linotte mélodieuse, moins sensibles à la lisière mais qui ne peuvent toutefois pas exploiter les ressources des habitats forestiers, ont des densités similaires en habitats ouverts fragmentés et non fragmentés.


  • Les espèces ubiquistes, qui utilisent une très large gamme d'habitats :

    - Certaines, comme l'alouette lulu, sont à même de pouvoir utiliser les ressources des habitats forestiers.
    Ces espèces peuvent être présentes dans des fragments de taille réduite, grâce aux ressources supplémentaires apportées par les lisières, et ont des densités plus fortes en habitats fragmentés qu'en habitats non fragmentés.





    - D'autres espèces, comme le pipit des arbres, recherchent une complémentarité entre milieux ouverts et boisés.
    Elles sont donc favorisées par la fragmentation et ne se rencontrent qu'en présence simultanée d'habitats ouverts et fermés.





Au vu des dynamiques passées des paysages caussenards, liées à l'évolution des activités agricoles, se pose la question de leur évolution future. Celle-ci peut s'envisager selon différents scénarios de politiques publiques qui vont induire différentes conséquences sur la biodiversité. 

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