Cicatrisation de l'avifaune après incendie

Chaque espèce d'oiseaux a une réponse particulière après un incendie. Elle dépendra de ses besoins spécifiques, du type de végétation incendiée et des conditions post-incendie (environnementales, climatiques, phénomène de compétition, etc.)

Espèces de milieux ouverts

Exemple : l’alouette lulu (Lululla arborea). Les espèces de milieu ouvert sont présentes uniquement les premières années après l'incendie et ne persistent guère.

Chêne vert
Alouette
lulu
Chêne-liège

Espèces de milieux buissonnants

Exemple : la fauvette pitchou (Sylvia undata). Cette espèce s'installe préférentiellement dans des végétations de garrigue ou de maquis bas, c’est à dire de hauteur inférieure à 2 m. Elle est relativement peu influencée par la  densité du couvert végétal dans cette strate. En revanche, dès que le couvert végétal se densifie au dessus de cette strate des 2m, elle disparait. C'est ce qui explique la brièveté de sa présence en abondance après incendie d'une forêt de chêne-vert.

Chêne vert
Fauvette
pitchou
Chêne-liège

Espèces de milieux boisés

Exemple : le pinson des arbres (Fringilla coelebs). Les espèces de milieu boisés dépendent de la présence d'une strate arborée. En forêt de chêne vert celle-ci est détruite et l'espèce disparait rapidement après incendie pour ne réapparaître qu'une 20aine d'années plus tard. En forêt de chêne-liège au contraire l'espèce est très présente les dix premières années après incendie à des densités de près de cinq fois celles observées en forêt de chêne-vert (voir échelles) pour redescendre au bout de 10 ans à des niveaux similaires à ceux observés en forêt de chêne-vert.

Chêne vert
Pinson
des arbres
Chêne-liège

Espèces forestières

Exemple : le roitelet triple-bandeau (Regulus ignicapillus). Les espèces forestières sont présentes dans les dernières années des successions forestières (absentes ou quasi-absentes des stades de maquis) que ce soit dans le chêne-vert ou le chêne-liège. La densité du feuillage est probablement un élément clé. Leur retour est de ce fait un peu plus précoce dans les forêts de chêne-liège.

Chêne vert
Roitelet
triple-bandeau
Chêne-liège

 

Conclusions

Les suivis à long terme dans les Albères nous ont permis de mieux lier temps de cicatrisation de la végétation et réponse de l'avifaune après incendie. Ces travaux ont également permis de mieux apprécier les opportunités que les incendies offrent aux espèces des milieux ouverts dont les effectifs ont été affectés par la reconquête forestière qui a lieu malgré les incendies. Ces fenêtres varient en fonction de la végétation présente avant incendie.

 


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